La Métropole en réflexion

Le Schéma Métropolitain d’Aménagement Numérique (SMAN) est en cours d’élaboration. Il s’appuiera sur le Rapport Liminaire, un diagnostic des pratiques et des besoins numériques du territoire, que les collectivités du Grand Paris peuvent enrichir via la plateforme de travail collaboratif « Métropole d’intelligences ».

Le schéma a notamment vocation à recenser les besoins en matière d’infrastructures, et à identifier des actions prioritaires pour parvenir à une couverture très haut débit sur tout le territoire. 

Infrastructures fixe : garantir un déploiement égal sur le territoire métropolitain

Le territoire métropolitain profite largement du très haut débit, mais des disparités demeurent.

En 2017, les investissements mobilisés ont permis de rendre éligible au FttH :

  • 90 % des logements et des locaux d’activité ;
  • Près de 2,5 millions de locaux sur les 4,1 millions répartis sur l’ensemble de la métropole, soit une couverture de près de 61% des locaux.

Néanmoins, à l’échelle métropolitaine, on constate de grandes disparités des niveaux de déploiements puisqu’en 2017. Alors que 82,1% des locaux sont éligibles en FttH pour Paris (T1), il est seulement de de 19,3% pour l’EPT Grand-Orly Seine Bièvre (T12).

Un enjeu important du SMAN pourrait donc être de garantir la tenue des intentions de déploiement des opérateurs, afin e garantir un accès total et égal au haut débit.

En effet, les déploiements des infrastructures fibres sont pour l’essentiel portés par l’initiative privée

  • En ce qui concerne le déploiement privé, il a été porté par 5 opérateurs qui ont assuré la couverture des zones très denses (64 communes). Ils ont également répondu à l’appel à manifestations d’intentions d’investissement (AMII soit 54). Ils ont ainsi manifesté leur intention d’engager, d’ici 5 ans, les déploiements sur plus de 3 400 communes regroupant, avec les 106 communes qui constituent les zones très denses, près de 57 % des ménages français
  • La zone publique portée par les collectivités ne concerne que 13 communes sur les 131 communes de la Métropole du Grand Paris, soit environ 1,5% des locaux.

Infrastructures mobiles : un territoire intégralement couvert mais une qualité de service limitée

Si le territoire métropolitain est réputé être intégralement couvert, la qualité de service reste limitée dans certaines zones comme les zones souterraines, les transports et intérieurs des bâtiments, du fait des contraintes techniques. Or aujourd’hui les enjeux de couvertures mobiles doivent répondre aux usages de mobilité : à savoir les axes de transports routiers et les transports en communs. Cependant, en 2017, seules quelques principales lignes de métro et de RER sont partiellement couvertes. L’ARCEP (1er semestre 2017) a notamment relevé une situation préoccupante puisque le métro parisien peut enregistrer un taux d’échec des tests de téléchargement d’une page web allant jusqu’à 90% pour un opérateur.

Le déploiement des réseaux 4G devrait pousser les opérateurs à systématiser une collecte fibre optique très haut débit de leurs émetteurs radio afin d’absorber la consommation exponentielle de données par les utilisateurs. Un équipement en fibre optique de ces points hauts permettrait de concevoir des solutions d’acheminement des données à très haut débit de bout en bout. Ce point est en forte synergie avec le développement des futurs réseaux fibre à l’abonné.

Réseau wifi : un maillage dispersé ​

L’existence d’un réseau wifi est facteur d’attractivité pour les territoires et un moyen d’action publique :

  • C’est un élément important de l’accueil des visiteurs ;
  • Le réseau pourrait être utilisé par les collectivités pour collecter des données d’intérêt public et proposer des services aux usagers.

Aujourd’hui, on note une relative dispersion du maillage territorial puisqu’il y a peu de Hots Spots sur le territoire de la métropolitain, hors Paris intramuros. 

  • Le réseau Wifi public de la Ville de Paris : avec près de 300 sites, Paris Wi-Fi est un service gratuit et ouvert à tous d’accès à internet sans fil haut débit, mis en place par la Ville de Paris et la région Île de France

Cependant ce diagnostic est très partiel, du fait que le Wifi ne constitue pas une priorité de déploiement. De plus , le manque de concertation dans le déploiement du réseau rend difficile l’établissement d’un diagnostic précis.

Les réseaux bas débits dédiés à l’internet des objets : un élément essentiel des projets d’innovation

Les réseaux IoT trouvent de nombreuses applications :

  • Environnement durable : l’optimisation des déplacements des véhicules de services peut être obtenue grâce aux informations provenant du terrain (capteurs dans les PAV, arrosage intelligent, etc.)
  • Transport et mobilité intelligente : le territoire peut proposer des transports collectifs plus adaptés aux demandes des citoyens en s’intéressant aux flux de passagers (obtenus grâce aux données de logs ou aux traces mobiles).
  • Urbanisation responsable et habitat intelligent : grâce à une connaissance plus fine des besoins réels des habitants, des acteurs publics et privés, il est possible d’aménager le territoire en fonction des besoins de chacun.

L’Internet des Objets ou Internet of Things (IoT) connait un fort développement grâce à une standardisation et une démocratisation progressive des moyens de communication (Bluetooth, Wifi, GPRS/3G/4G), l’arrivée de nouvelles technologies de communication (Sigfox, LoRa, NB-IoT…), la baisse du coût des capteurs (accéléromètres, température, luminosité…) et l’émergence de plateformes digitales désormais plus largement accessibles.

Ainsi, Paris déploie son premier réseau IoT dans le cadre de ses plans « Climat Energie » et « Paris ville intelligente et durable ». Ce sont près de 10 000 objets connectés qui vont être déployés par Eiffage Energie, l’intégrateur numérique de ces plans. Le réseau de capteurs couvrira les écoles, crèches, bureaux, gymnases et piscines de la ville de Paris et les informations recueillies seront transmise via un réseau bas débit. Les données (consommation électrique, température, qualité de l’air, …) seront exploitées via une plateforme logicielle dédiée.

Les datacenters : un enjeu d’attractivité et de souveraineté

La transformation numérique de l’économie rend la présence de capacités locales d’hébergement informatique essentielle.  En effet, elles constituent des points de concentration pour les réseaux de télécommunication, et renforcent la connectivité numérique des territoires d’implantation.

Par ailleurs, le choix du lieu de stockage peut assurer la protection des données vis-à-vis de toute tentative d’investigation

En Europe, les principaux hubs de datacenters sont désignés par l’acronyme FLAP – pour Francfort, Londres, Amsterdam et Paris. L’implantation de datacenters dans ces villes européennes a été portée principalement par de grands groupes américains pour desservir les groupes européens en solutions de stockage et de Cloud Computing : Amazon Web Services, Google Cloud Platform, Microsoft Azure ou IBM Cloud.

Aménagement

La Métropole du Grand Paris est compétente en matière d’aménagement et plus particulièrement en matière d’aménagement numérique. Elle s’est vu confier par la loi NOTRe l’élaboration du Schéma Métropolitain d’Aménagement Numérique (SMAN) qui doit favoriser, en matière d’infrastructures numériques, « la cohérence des initiatives publiques et leur bonne articulation avec l’investissement privé » (Article L1425-2 al. 1 CGCT). Le SMAN proposera d’ici le printemps 2019, un diagnostic et préfigurera les actions prioritaires de la Métropole en matière d’infrastructures à l’horizon 2024.

L’aménagement en infrastructures numériques sur l’ensemble du territoire métropolitain est essentiel pour assurer un niveau de service optimal en très haut débit au bénéfice des administrations, habitants et entreprises du territoire de la Métropole. La connectivité « fixe » (Fibre à l’abonné), « mobile » (4G, future 5G), « nomade » (WiFi) délivrée par ces infrastructures est indispensable au développement d’usages et services numériques innovants.

Le déploiement de ces infrastructures est au premier plan dans la stratégie pour une Métropole d’Intelligences qui se devra d’être une « Métropole connectée ».

La Métropole souhaite aussi améliorer la conception et la réalisation de ses missions et projets d’aménagement grâce aux innovations numériques. A titre d’exemple, la Métropole souhaite encourager l’utilisation des données dans la planification urbaine, ou dans la réalisation d’habitats et de bâtiments intelligents.

Par ailleurs, la Métropole facilite l’accès des acteurs de l’innovation et du numérique au concours urbain « Inventons la Métropole du Grand Paris », en organisant des meet-ups avec les groupements candidats.

Les contributions

Aménagement
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